Un avant goût de ce que connaîtra l'Europe ?

C'est un excellent article qui est paru dans le "Boston Globe", le quotidien le plus populaire de la célèbre métropole américaine. Ainsi que le relate Janet Kern, la directrice de la "Lexington Community Farm", de très nombreuses fermes communautaires sans but lucratif ont vu le jour sans le Massachussets, et partout ailleurs aux USA.

Un investissement collectif

Cette exploitation, rachetée par la ville quelques années plus tôt, devait accueillir initialement un terrain de football. Au lieu de celà, on y récolte du brocoli, des salades et toute une variété de légumes. Car, ce qui caractérise cette ferme, c'est le mouvement citoyen qui en est à la base. Dans tout le pays, les exemples sont légions: des particuliers s'associent et s'investissent pour faire renaître une agriculture locale, qu'il s'agisse de petites exploitations ou de vastes domaines. Chaque initiative s'inscrit dans la grande mouvance visant à rapprocher consommateurs et producteurs, avec de moins en moins d'intermédiaires (points de distributions ou grossistes).  

Les fermes "self-service" aux Etats-Unis

L'avènement du self-service à la ferme

Une autre variante de ces fermes "collectives" est le self-service. Ainsi, plutôt que de se rendre dans un magasins où les salades et autres pommes sont entassées dans des cageots, en proie à une altération naturelle inévitable, de nombreuses personnes préfèrent cueillir directement les fruits et légumes qu'ils désirent acheter. Rien que dans l'état du Massachussets, on recensait ainsi en 2012 environ 270 fermes self-service fonctionnant sur ce principe, contre seulement 112 cinq ans plus tôt.

Une de ces fermes, la ferme Shelburne, dirigée par Ted Painter et son épouse, a compris les enjeux que celles-ci représentent. Ainsi, selon Painter, si on prend l'exemple du commerce des pommes, le self service est la manière la plus rapide et la plus intelligente de le mener. Plus besoin de récolter, de conditionner ou de fournir des supermarchés et autres intermédiaires. Les gens veulent venir ici et acheter directement ce qu'ils voient. Les gens dont il parle viennent pour l'essentiel de Boston et de sa banlieue. "Environ 90%" selon lui. Et ils ne viennent pas juste pour les qualités des pommes. L'important, c'est l'ambiance, ce sentiment de sortir de la ville et de passer une journée à la campagne, loin du brouhaha et du stress. L'air frais, la détente en famille, la bonne nourriture: voilà ce qui motive les consommateurs assidus du self-service agricole.

Les fermes, ces centres de loisirs

L'évolution est marquante, comme l'avoue un autre directeur d'exploitation, John Burns de la Lookout Farm. Les fermes ne sont plus uniquement des exploitations bataillant pour cultiver des produits et les vendre aux distributeurs en essayant de perdre le moins d'argent possible. Aujourd'hui, ce sont des centres de délassement pour toute la famille. Rien de moins. 

Ainsi qu'il l'explique, il reçoit beaucoup de touristes venant parfois de loin. Ceux-ci choisisssent de visiter une ferme car ils retrouvent le côté authentique, naturel et accueillant qu'ils ont perdu de vue depuis leur enfance. "C'est pour cela que les fermes collectives et de self-service rencontrent un tel succès", conclut-il.

Car les mentalités changent effectivement: il devient tendance et cool de visiter des fermes, d'y passer des journées, et même d'étudier les matières agricoles à l'école. Janet Kern confirme également cet état de fait et se défend d'avoir fait quoi que ce soit pour attirer tant de monde dans son exploitation, et notamment les personnes de la ville voisine. "Notre but premier n'était pas de faire venir tous ces gens de la ville, mais bien de faire en sorte que les personnes vivant ici, dans les environs, se sentent bien chez nous et considèrent cet endroit comme chez eux", s'étonne-t-elle.

Ce qui est en train de se passer aux Etats-Unis peut-il devenir une réalité chez nous également ? Les mouvements citoyens et solidaires qui se mettent en place partout en Europe le laissent espérer. Alors, pour vous, c'est quand votre prochain séjour à la ferme ?